Re présenter le cheval

Pendant ma formation j’ai commencé à reprendre les crayons et pinceaux pour tenter de trouver de nouvelles approches artistiques de mon nouveau sujet.
Rien de réellement nouveau tant le cheval a été représenté tout au long de sa vie auprès des hommes mais pour ma part ça l’est puisque durant toutes mes études artistiques et après dans mes recherches personnelles le cheval est complètement absent. Comme beaucoup de petites filles qui font du poney j’ai bien sûr fait de nombreux dessins de mon animal adoré mais lorsque l’Art est devenu pour moi une affaire sérieuse j’ai mis l’animal au placard. Comment un cheval ou pire, un poney peuvent-ils prétendre à revenir dans cette sérieuse entreprise de représenter le monde alors même que nous ne faisons plus rien de sérieux avec eux, que nous ne construisons plus le monde avec eux?
Et puis surtout ma connaissance du cheval se résumait au centre équestre qui n’était pas en soi un lieu pouvant nourrir quelque inspiration (bien que celui dans lequel j’ai fait mes débuts était réellement un lieu inspirant tant dans son architecture, situé dans les écuries d’un vieux château au Pays-Basque que dans la manière dont les choses étaient conduites par les gérants. C’est d’ailleurs lors d’une visite dans ce lieu après des années d’absence que je fit mes premières photographies de chevaux avec une esquisse d’intention artistique).

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, dans ses représentations artistiques les plus achevées le cheval n’est jamais dissocié de son rôle auprès de l’humain ni de son environnement, construit par ou pour lui (agriculture/champs de batailles/écuries). Et aujourd’hui la difficulté est de réinventer l’approche de la représentation du cheval mais peut-être aussi de l’animal en général puisque nous n’entretenons plus les mêmes rapports avec eux.

 

Pendant mes années d’études en écoles d’arts la présence animale dans mon travail était fugace même si j’étais dans le fond très intéressée par cette question je n’ai pas osé l’aborder de front, trop influencée par les travaux d’autres élèves et d’artistes qui je trouvais en faisait quelque chose un brin superficiel tant leur propre rapport à l’animal était faible.
Ainsi dans mon projet de fin d’étude la présence animale reste sauvage, indomptée, à distance. Les animaux qui rentrent dans mes représentations ne me sont pas proches, ce sont des serpents, des caïmans, des oiseaux…

Ne pouvant désormais plus échapper à ce questionnement de la représentation du cheval je vais modestement tenter de faire le pont entre ma pratique artistique et mon rapport au cheval. Ci-dessous quelques pistes de recherches, dans un registre plutôt illustratif et en vidéo. Rien de plus pour l’instant que des essais….

         

références :
Théodore Géricault (1791 -1824) Cinq chevaux vus par la croupe, dans une écurie.
Rosa Bonheur – The Horse Fair, 1852–55
Vélasquez – Le comte d’Olivares et  l’héritier de la couronne d’Espagne.
Théodore Géricault – Le derby d’Epsom.

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