A propos

Qui voit et écrit?

Barbara Ryckewaert, amoureuse des chevaux et cavalière passionnée depuis mon plus jeune âge, ce n’est que très récemment que la folle idée m’est venue de pousser davantage de portes du réputé impitoyable Monde Equestre.  J’entreprends d’y faire mon chemin en quête d’une meilleure compréhension de cette belle histoire inter-espèces qu’est celle du cheval et de l’humain, d’aventures nouvelles, d’élévation et de création. Rien que ça!

Malgré cette passion dévorante lorsqu’il m’a fallu faire un choix il y a maintenant plus de dix ans je ne me suis pas dirigée vers les métiers du cheval . Le très petit aperçu que j’avais de ces métiers a plutôt eu sur moi un effet répulsif (je ne suis pas la seule à avoir connu des monitrices terrorisantes qui ne savent pas parler autrement qu’en hurlant!). Ce n’est pas par défaut pour autant  que j’ai rapidement fait le choix de me diriger vers les Arts Plastiques, une autre passion, moins risquée en terme d’accidents corporels certes (quoique) mais qui fait plonger dans un monde tout aussi impitoyable et incertain quant aux lendemains. Mais il était clair que faire un métier qui m’apporte confort, facilité de penser et régularité (pour ne pas dire routine) ne m’intéressait pas du tout.

Je n’ai pas opté pour des études amenant à un Métier tel que je l’imaginais au départ – je pensais vouloir être scénographe – j’ai préféré me laisser guider par les rencontres et un questionnement sur ce qui m’entoure pour tenter la lente et difficile construction d’un langage artistique personnel à travers la recherche, l’expérimentation.

Après un bac option arts-plastiques j’ai donc entamé un long et passionnant parcours au sein de différentes écoles d’arts dans lesquelles j’ai puisé un grand nombre de ressources qui ont fait ce que je suis maintenant. De mon année de prépa (2003) dans la fantastique école d’art de Bayonne (Pays-Basque où j’ai grandi) qui m’a ouvert les yeux sur le monde et au sein de laquelle j’ai expérimenté et exprimé pour la première fois sans retenue, jusqu’à ma dernière année (2010) plus studieuse mais tout aussi aventureuse à l’école des arts décoratifs de Paris après laquelle il était temps de voler de mes propres ailes, un peu secouée et chiffonnée de tant d’années dans ces nids/cocon d’artistes douillets, je n’en étais qu’au stade chrysalide du processus. Les années qui ont suivi et jusqu’à aujourd’hui j’ai continué à cheminer en développant ma démarche artistique et en l’articulant autours de questions parfois récurrentes (le paysage) mais aussi autours de médiums variés.

La photographie et la vidéo sont mes médiums d’entrée en matière, mes véhicules de découverte de mondes et territoires qui me sont inconnus puis une fois en confiance je m’autorise l’exploration par le biais d’autres intermédiaires, moins maîtrisés, qui peuvent être le dessin, la fabrication d’objets, la gravure et tant d’autres à venir.

Multiplier les échanges entre les médiums est pour moi essentiel et m’apparaît comme un moyen d’approfondir le questionnement sur la représentation et la perception du paysage : partir de photographies pour arriver à une œuvre dessinée, récolter des récits écrits menant à la photographie, etc. Les échanges et les liens qu’il m’importe de faire surgir sont ceux entre le réel et la fiction, le naturel et l’artificiel, le passé et le présent… Par ce travail protéiforme je renouvelle sans cesse mon point de vue sur le monde, je fais émerger et surtout dialoguer différentes formes de représentations de ce que j’observe.
Mes derniers projets m’ont permis d’aborder la possibilité des échanges entre l’art et la science dans un domaine précis qui est celui de la géologie; d’abord formellement, en expérimentant de nouveaux outils et de nouvelles formes de représentations. Ces recherches sont arrivées en continuité d’un travail sur la construction et la représentation du paysage à proximité des falaises d’Hendaye auprès desquelles j’ai pu passer du temps lors d’une résidence artistique entre 2014 et 2015. Ce fut également pour moi l’occasion de questionner davantage la matière, prioritairement à l’image. Mais ce fut aussi l’opportunité d’expérimenter et d’entrevoir les possibles échanges entre deux domaines qui ont beaucoup en commun, notamment par le biais de la recherche qui est l’aspect qui m’intéresse le plus.

Par ailleurs, depuis quelques temps j’aspire à revenir à un questionnement plus profond et plus présent dans mon travail sur l’engagement du corps dans son environnement, des interactions qui en découlent et bien sûr de sa représentation. Cette question a souvent émergé dans ma pratique photographique ou vidéo mais n’a été que trop rarement associée directement et formellement à mon questionnement sur le paysage.
Je suis venue aux arts plastiques par un intérêt porté au spectacle, à la scène, à sa capacité de produire des images. Lors de mes études j’ai régulièrement expérimenté et orienté mon travail sur des pratiques demandant un certain engagement du corps au sein d’espaces spécifiques tels que des lutteurs, des boxeurs, des pratiquants d’arts martiaux dans les salles dédiées à leurs disciplines, une maîtresse sado-maso dans son donjon, un batteur dans ses espaces de répétitions et d’inspirations, etc…
Quelques expériences avec des danseurs (en 2002 au Festival Errobiko Festibala, en 2006 avec la Cie Julie Desprairies et la création du spectacle « Là commence le ciel ») et des musiciens (vidéo réalisée avec le batteur Mario Duplantier) ont ponctué mes expérimentations au fil de mes années d’études. Certaines expériences, tels que des stages ou la participation à des projets collectifs furent parallèles à ma production artistique et certains encrèrent en moi un véritable intérêt pour la question du corps dans l’espace et dans l’image.
Aujourd’hui c’est ma pratique de l’équitation qui m’amène à revoir ce questionnement et à m’orienter vers une recherche de ponts à construire entre ces deux domaines que sont les arts plastiques et l’art équestre. Depuis maintenant quelques temps, parallèlement à mon travail artistique, je mène un travail de remise à niveau en équitation. Cavalière depuis mon enfance j’avais toujours dissocié ces activités. Aujourd’hui, après approfondissement à différents niveaux dans le monde équestre (connaissances théoriques et techniques, expériences de travail) les liens m’apparaissent plus clairement et surtout possibles.

Ainsi, ces six derniers mois j’ai cherché à me former d’un point de vue strictement technique. Je suis pour cela partie quatre mois au Portugal où j’ai pu bénéficier d’un enseignement de grande qualité en échange d’un travail dans les écuries qui m’ont accueillies (Centre Equestre Leziria Grande, Luis Valença – Vila Franca de Xira, Portugal et Equus Ourique, Pru Clayton-Mead – Ourique, Portugal). Ces expériences furent très riches et elles m’ont permis de confirmer ma grande motivation à aller explorer davantage dans ce domaine et plus particulièrement au Portugal, un pays que je souhaite continuer à découvrir et connaître tant sa culture passionne.
A la recherche d’une formation qui me permette d’aller encore plus loin dans l’usage de ces nouveaux médiums qui me seront utiles pour la construction de ponts entre différentes formes d’expressions j’ai découvert la formation proposée par Monsieur Carlos Pereira, écuyer et enseignant chercheur à la Sorbonne (equitationportugaise.com) que je m’apprête à suivre pendant douze mois et qui motive la création de ce blog.

 

Mon site d’artiste plasticienne > barbararyckewaert.com