Bilan technique

Les analyses qui suivent sont basées sur des ressentis et une progression personnelle à un moment T, elles peuvent bien sûr être contredites sur la base des vidéos présentées ici et de l’expérience de ces chevaux.

Cela fait maintenant trois ans que je me suis engagée auprès des chevaux dans une ambition un peu plus large que celle d’être simplement heureuse au contact de cet animal merveilleux.
Mes objectifs sont variés et s’étendent sur du long, moyen et court terme. Plus j’avance et plus le champs des possibles s’ouvre.
Envisager le cheval dans toutes ses dimensions* commence maintenant à me permettre d’évaluer plus objectivement mon avancée technique à cheval. Régulièrement je continue de filmer mes séances et de moins en moins je ne m’effondre dès qu’un problème survient!

Voici donc venu le moment d’un petit état des lieux de la progression en selle sur ces trois dernières années grâce à quelques vidéos.

*  Dimensions corporelle, psychologique, spirituelle.

 

Point de départ : galop 5 obtenu en 1999 puis plus de 10 ans d’arrêt. Remise en selle en 2011, env. 1h/semaine.

Août 2016 – Après 30 jours passés au centre équestre de Leziria Grande, Luis Valença, Portugal.
30 jours de travail à pied et monté aux trois allures. Observation des sauts d’école.
Principaux problèmes rencontrés à cheval (ceux dont je suis consciente sur le moment) : impulsion, jambes contractées, contact irrégulier avec la bouche du cheval…. Les indications données pour régler ces problèmes ne me permettent pas de comprendre leur lien, ni comment les mettre en œuvre.
(Par ailleurs les choses me paraissent plus clairement définies dans le travail à pied : les actions du cavalier et les demandes faites au cheval sont davantage séquencées : longe de détente, rênes fixes au trot et au galop, travail de deux pistes au caveçon. Le langage utilisé pour communiquer avec le cheval est plus clair. Exemple : badine qui s’active sur la croupe pour mettre le cheval en avant, badine qui se pose sur l’encolure pour l’arrêter, position de l’humain à pied).

(vidéo : avec Uzifur, entier, enchainement sous la direction de Sophia Valença)

 

Février 2017 – 90 jours passés chez Equus Ourique, Portugal. Enlightened equitation.

Travail d’écurie (box, paddocks, prés, nourissage, soins divers) et travail des chevaux (2 ou 3/jours) 5 jours 1/2 /semaine.

Prise de conscience de l’impact du poids du cavalier sur l’équilibre du cheval et inversement. Recherche de la fluidité des mouvements. Travail à pied préparatoire des mouvements effectués en selle. Découverte du travail de respiration.

Je me souviens d’une attention particulière portée sur l’équilibre latéral du cheval mais très peu sur celui longitudinal. Malgré tous ces apports très bénéfiques mes chevaux manquent toujours d’impulsion et mon contact avec la bouche du cheval est toujours un peu flou. Je ne comprends toujours pas bien comment mes jambes doivent agir.

(vidéo : ici avec Ashley, hongre, en leçon avec Bento Castelhano)

 

Octobre 2017 – Formation Carlos Pereira (Juin 2017-Juin 2018). 3 chevaux-5j/semaine (+travail à pied varié, liberté, sauts d’école, attelage).

Apprentissage en priorité de l’effet d’ensemble, du bon usage des jambes et d’un contact juste des rênes. Solfège de l’équitation et langage des aides. Travail sur le carré et le cercle.

Je me rends compte que mes jambes étaient restées tout ce temps inactives et qu’à l’inverse mes mains en font trop. Mes mains cherchent en permanence à s’adapter à la bouche du cheval avant de lui offrir un cadre fixe de départ (d’où l’utilisation des rênes fixes à la longe).

Mes difficultés sont multiples, usage des jambes (parfois fort) sans contracter tout le reste de mon corps, dosage et indépendance des aides. Problèmes d’impulsion, de régularité dans les allures et les transitions.

(vidéo : pendant un cours, avec Bemposto, entier de 10 ans que je n’arrive pas encore à faire trotter et galoper sans que le cheval s’ouvre et se creuse dramatiquement!)

 

Novembre 2018 – Continuité du travail des chevaux encadrés par Carlos Pereira. 2 chevaux 3j/semaine.

Le langage des aides est maintenant plus clair pour moi, je commence à agir sans trop réfléchir en amont à mes actions. Le cheval est un peu plus en place, cependant il y a encore de grandes ruptures de contact et beaucoup de flottement dans mes aides. Le manque d’impulsion et d’énergie est encore à déplorer, particulièrement au galop.

(vidéo : avec Bemposto, séance seule)

 

Janvier 2019 – Continuité du travail des chevaux encadrés par Carlos Pereira. 2 chevaux 3j/semaine.

Le cheval a bien été décontracté au pas dans une gymnastique d’un travail de deux pistes et au trot dans un travail d’étirement et de transitions, je peux alors le mener à une main dans un galop décontracté (parfois un peu trop ouvert).

(vidéo : avec Distinto, entier de 10 ans, séance seule)

 

Mars 2019 – Continuité du travail des chevaux encadrés par Carlos Pereira. 2 chevaux 3j/semaine.

Idem que la précédente, le cheval est d’abord travaillé au pas sur deux pistes sur des cercles et des carrés (épaules en dedans, appuyer, croupe au mur….). Le travail au galop commence à être plus fréquent et approfondi, le cheval commence à être plus impulsionné, suffisamment pour ne plus s’ouvrir à la transition dans le tracé ou dans les allures. Je commence tout juste à découvrir le bon usage de ma ceinture abdominale qui est encore plus indispensable dans le travail du galop!

Début du travail en bride (baucher double brisure).

(vidéo : avec Bemposto, séance seule)

 

Avril 2019 – Une semaine chez Ana Batista, Portugal. Monté 2 fois, séances de 20min.

Ici la première fois. Avec Glamour, entier et une vachette. Mes mains sont trop présentes et un peu flottantes.

Cheval très puissant et qui pèse assez rapidement sans une utilisation des jambes très fortes.

Le lendemain, 2ème séance avec Glamour, seule.

Je prends davantage le temps de travailler la gymnastique au pas. Le cheval est plein de contractions, particulièrement à main gauche. Il précipite son trot et pèse sur la main si les mouvements des hanches et de la nuque ne sont pas accentués.

 

Trois jours après, premier entrainement à la pose des banderilles sur le chariot.

Échauffement principalement réalisé au galop avec contre-incurvations et changement de pieds pour dénouer le cheval.

(vidéo :  avec Bemposto)

 

Aujourd’hui et grâce à l’accompagnement de Carlos Pereira je m’intéresse à différentes approches de l’équitation afin de pouvoir les comparer. C’est entre autre vers la tauromachie que mon intérêt se porte actuellement.
Mon attrait pour cette pratique vient d’abord de mon enfance que j’ai passé dans le sud-ouest où je suis régulièrement allée voir des corridas avec mes parents. Aujourd’hui et certainement grâce à l’environnement culturel dans lequel je vis je vois cette pratique avec un oeil différent et porte une autre opinion sur les blessures infligées aux taureaux. Ces blessures doivent cesser mais le jeu de la corrida le doit-il du même coup?
Pour tenter d’y voir plus clair dans ce qui pourrait être sauvegardé de la tauromachie équestre et pour continuer mon chemin de recherche de l’équitation je me frotte à cet univers singulier. Je retourne donc cet été travailler auprès d’Ana Batista et de son mari.
C’est par une approche scientifique que j’entreprends désormais ce travail puisque je serai pour la rentrée prochaine inscrite en doctorat en zoo-sémiotique.

Dans le même temps je continue d’apprendre auprès des scientifiques de l’Université de Kyoto au Primate Research Institute, Inuyama où je repars pour deux mois travailler auprès du Prof. Tomonaga en tant qu’assistante technique pour récolter des données sur les tests de perception des chevaux.

 

 

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