Puzzle

Il faut bien que je fasse un petit billet concernant mes évolutions purement « technique équestre », à cheval, puisqu’il m’importe également dans ce cheminement si global que j’entame d’apprendre à bien monter à cheval.

Comme toute quête artistique il s’agit d’un travail sans fin, d’autant plus que la matière est vivante, notre corps, le corps du cheval. Le graâl est ce point d’équilibre qui devient commun au cavalier et à sa monture, comme deux niveaux à bulle qui s’alignent pour devenir ce mythique centaure. Parfois juste une fraction de seconde, parfois plus… mais au début c’est plutôt la croisade pour réunir les morceaux, autant ceux de son propre corps que celui du cheval.

Au vu de l’entreprise il est préférable de s’occuper d’abord de son propre corps avant de s’occuper du cheval. Pour cela j’ai bien fait d’aller chez les anglais l’hiver dernier (au Portugal – www.equusourique.com) afin de mettre ou remettre certaines habitudes en place. J’ai encore beaucoup de travail à faire sur ma position mais j’ai maintenant plus d’outils pour appréhender ma proprioception.

Différents enseignements peuvent par moment mener à un sentiment de chaos mais celui-ci ne sera que temporaire si les enseignements ont été bons car dans ce cas les choses finissent par s’assembler correctement, éteignant l’opposition qui semblait apparaître dans les moments de doute.

Puis il faut veiller à ne pas trop s’attarder sur un point à première vue problématique au risque de louper celui qui l’est vraiment dans l’instant. Ainsi l’introspection et le questionnement de son propre corps est important mais arrive le moment où il faut tout de même s’intéresser à celui du cheval et donc mettre un peu plus en sourdine les doutes que l’on porte sur soi-même. Car même si une grande maîtrise de son corps va grandement faciliter la tâche du cavalier cela ne fait pas tout. Parfois il faut donc se faire confiance et maintenir en place juste un peu plus fermement son idée avant de la remettre en question car autrement on ne laisse pas la chance à un quelconque résultat de se produire. Là rentre en jeu le questionnement sur le cheval où l’on va s’interroger sur l’origine d’une résistance face à la demande, est-ce une résistance de force ou est-ce une résistance physique? Est-ce que le cheval ne veut pas ou est-ce qu’il ne peut pas?

Un exemple avec mon bel ami Bemposto dans la vidéo ci-dessous. Entier lusitanien de 11 ans, cheval d’école de Carlos Pereira, avec qui il m’était impossible d’enchaîner correctement 2 cercles au trot il y a encore 3 semaines! Faire le ménage dans ma tête et arrêter de me préoccuper de ma position mais mettre plus d’énergie à le gymnastiquer au pas par un enchaînements de mouvements qui lui permettent de délier ses hanches et ses épaules, reporter son poids sur son arrière main, le mettre en avant, maintenir mes aides (jambes et mains plus fixes, qui arrêtent de « chercher ») et à ne surtout pas laisser passer certaines résistances au risque de les voir s’installer au fur et à mesure. Tout cela parce que ce cheval trouve difficilement son équilibre avec un cavalier sur son dos. Une grosse tête, grosse encolure et une croupe peu puissante le désavantagent dans cette entreprise. C’est pour ces chevaux que le travail quotidien est indispensable agissant comme un yoga qui leur permettent à eu aussi de prendre conscience de leur corps.

C’est encore la grosse galère au galop dont j’ai laissé exprès les moments de solitude…. je m’y attelle.