A cheval!

Le 20 juin prochain je démarre une formation équestre auprès de l’écuyer Carlos Pereira dont je reviendrai plus tard sur le parcours et les différents aspects de son approche. En attendant si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez aller faire un tour sur le site de l’Institut du cheval et de l’équitation portugaise.

Pour faire suite à ma présentation sur la page A propos il me faut désormais en dire davantage sur mon approche de l’équitation et sur les raisons qui m’amènent aujourd’hui à suivre cette formation et pas une autre.

J’ai tourné le dos aux poneys et à de longues années de pratiques hebdomadaires de l’équitation, toujours avec passion, boule au ventre et posters dans la chambre lorsque j’ai entamé ma première année d’étude aux beaux-arts d’Angoulême. Une période de près de 10 ans sans humer de crinière, sans me faire renifler par un naseau, sans courbatures dans les fesses allait suivre. Il m’était impensable d’y revenir ne serait-ce que pour une petite balade tranquille car dans le fond c’était un sujet bien trop sérieux pour envisager un retour à la légère (par ailleurs incompatible avec mon rythme de vie urbain et étudiant du moment). Je préférais donc étouffer ce feu, sacrifier cette part de moi qui m’avait fait grandir. Les mots sont forts et le registre un peu blagueur mais c’est vraiment ce que je ressentais. Les poneys m’avaient aidé à sortir de ma coquille étant petite, grande timide que j’étais qui avait du mal à aller jouer seule dans le jardin ou à parler à d’autres personnes que mes parents.

C’est donc tout naturellement que je suis revenue aux chevaux après avoir quitté Paris et aménagé à Nantes il y a quelques années. Après une première remise en selle vaguement confiante j’ai pris conscience de l’ampleur de ma méconnaissance du cheval. Il n’était pas normal d’avoir autant peur tout en ayant envie de continuer à se faire plaisir, cette méconnaissance était à l’origine de mes peurs. C’est ainsi que j’entrepris l’exploration de chemins équestres parallèles, grâce au fameux système de la demi-pension qui permet à un cavalier de s’occuper d’un cheval (d’un particulier bien souvent) de manière plus autonome et responsable. Par ce biais j’ai commencé à me poser davantage de questions et à me mettre en quête de réponses et solutions à propos de techniques équestres bien sûr (quels exercices, quels objectifs et progression du travail) puis à propos de comportements du cheval découlant des manipulations plus fréquentes que je n’en avait eu l’habitude jusque là et du travail recherché et enfin tout ce qui touche à l’environnement, mode de vie, soins et alimentation du cheval. Et pour finir sur le point très important qu’est le cavalier, ma propre psychologie et l’utilisation de mon corps à pied comme à cheval. J’ai presque tout mis dans l’ordre même s’il est évident que ce n’est pas un ordre idéal de questionnement mais ce fut le mien.

Il est certain que j’attends de cette formation un apport et une assimilation de connaissances techniques et théoriques en équitation mais bien plus que cela, je vois cette formation comme une expérience, nouvelle aventure de mon cheminement artistique qui me permettra je l’espère d’avoir encore davantage de cordes à mon arc (d’ailleurs le tir à l’arc à cheval que j’ai récemment découvert devrait faire partie de mes entraînements passe-temps) pour construire et collaborer à de nouveaux projets. Rares sont les formations équestres en France réellement pluridisciplinaires et qui surtout s’ouvrent à d’autres champs que ceux strictement liés aux chevaux et à une pratique équestre (même si s’intéresser réellement aux chevaux c’est déjà s’intéresser à beaucoup de choses). Sans parler des guerres de chapelles qui règnent entre les différentes approches équestres et qui empêchent la plupart des équitants de se poser les bonnes questions et d’évoluer de manière épanouissante avec leurs amis équins.

Ainsi à travers ce blog je souhaite tenir une sorte de compte-rendu de cette expérience et de ce qui en découlera. Ce blog, très personnel, ne s’adresse pas uniquement aux cavaliers mais à toute âme sensible aux association d’idées et ponts jetés entre deux rives, aux expérimentations hasardeuses et pratiques rigoureuses, aux divagations et raisonnements méthodiques.

illustration © Paul X Johnson

A horse!

On June 20 I start an equestrian training with Carlos Pereira Squire which I will return later on the course and the different aspects of his approach. In the meantime if you would like to know more you can go for a ride on the site of the Institute of the horse and the Portuguese riding. In response to my presentation on the about page I need now elaborate on my approach to horse riding and the reasons which today lead me to follow this course and not another. I turned back to ponies and long years of weekly practices of riding, always with passion, ball in the stomach and posters in the room when I started my first year of study at the beaux-arts of Angoulême. A period of almost 10 years without a sniff of mane, without getting a sniff by a nostril without aches and pains in the butt would follow. It was unthinkable to come back not for a quiet walk because in the background it was much too serious a matter to consider returning to lightly (by also incompatible with my student time, urban lifestyle). I prefer therefore to smother the fire, sacrificing this part of me that made me grow up. The words are strong and the registry a little joking but that’s really how I felt. The ponies had helped me out of my shell is small, very shy I was who was struggling to go play alone in the garden or to talk to people other than my parents. It is therefore natural that I came back to the horses after leaving Paris and built in Nantes a few years ago. After a first saddle vaguely confident I became aware of the extent of my ignorance of the horse. It was not normal to have so much fear while having to continue to have fun, this lack of knowledge was at the root of my fears. This is as I undertook the exploration of parallel equestrian paths, thanks to the famous system of half that allows a rider to take care of a horse (of a particular well often) more autonomous and responsible manner. Through this I started to ask more questions and to put me in search of answers and solutions about equestrian techniques course (what exercises, what objectives and progress of the work) then about behavior of the horse from more frequent manipulation that I’d had a habit until there and sought work and everything related to the environment mode of life, care and feeding of the horse. And to finish on the very important point that is the rider, my own psychology and the use of my body on foot as on horseback. I almost set everything in order even though it is obvious that this is not an ideal order of questioning but it was mine. It is certain that I expect this training input and assimilation of technical and theoretical knowledge in horse riding, but much more than that, I see this training as an experiment, new adventure of my artistic path that will allow me hopefully to have more strings to my bow (also archery on horseback that I recently discovered should be part of my hobby training) to build and collaborate on new projects. There are few truly multidisciplinary equestrian training in France and who especially open to other fields as those strictly relating to horses and Equestrian practice (even if really interested in horses is already interested in many things). Not to mention the wars of chapels that exist between different equestrian approaches and preventing most of the equitants to ask the right questions and to evolve in a fulfilling way with their equine friends. So through this blog I want to hold some kind of account of this experience and what will result. This very personal blog, is not only the riders but for any sensitive soul to the association of ideas and bridges thrown between two banks to risky experiments and practices strict to the ramblings and methodical reasoning.

illustration © Paul X Johnson